Création, Mémoire & Innovation - Le site des archives oubliées

Archive
Fonds de l'Union D’Électricité (UDE)

Contribution Scientifique

Davide Napoli, Fabrica Memoriae ou la mémoire de l'oubli.

La mémoire est-elle en train de déconstruire l’irréversible pour  déboucher dans une performance de l’oubli comme action du réel autre à  récupérer ? Si la question doit rester sans réponse, on déambule  dans un questionnement qui ne cherche aucune récupération, où la mémoire navigue entre ses réalités et ses fictions d’une sensation toujours à  vif…

« De même les sensations qui par leur violence ou leur espèce même dépassent l’état de commencement de connaissance - qui est  toujours leur état initial -  et se font indépendantes de l’évolution de la conscience. Comme la douleur » P. Valery, Cahiers XII, p.114, éd. Gallimard.

De la même façon, la mémoire est dépassée par les pulsions du présent qui règlent les variations de retenue du cycle des souvenirs, en donnant aux émotions de l’instant historique un maintenant projeté irréversiblement vers le futur présent. Comme la douleur qui trouble la géométrie et la  mécanique du corps, ainsi l’archéologie trouble la géométrie et la
mécanique de notre mémoire vivante, à vif.

« Il arrive parfois alors et c’est très remarquable que tel mal se propose sous la forme d’un corps étranger ». Ibid. p.114, éd. Gallimard.

Un corps reste étranger à la projection possible de son passé, étranger aussi à sa vision comme position spatio-temporelle du moment, il est un fantôme comme souvenir de sa forme, de sa présence. Un corps vit dans le souvenir de sa parole, de sa structure, de son principe qui restent liés au trouble d’un témoignage irrésistiblement fictionnel, d’où le lien sensible du réel entre doute et témoignage.